vendredi 17 octobre 2008

Tokyo !

Une compilation de trois moyens métrages de trois réalisateurs autour de la ville de Tokyo et tournés au sein de la capitale japonaise.

Interior Design de Michel Gondry
Sans doute celui que j'ai préféré des trois. On retrouve l'univers poétique de Gondry, sans doute un peu plus "sage" que lors de ses longs métrages. Quoi qu'il en soit, cette partie est très bien réalisée, très "japonaise" est fort agréable à suivre. On tourne autour d'un couple dont le mari est un réalisateur bricoleur - tiens tiens, comme les vidéastes de Be Kind, Rewind, ou le Stéphane de La science des rêves - et dont la femme a du mal à s'adapter à Tokyo. Le final (que je ne révèlerai pas) est assez bien trouvé, et très poétique.

Merde de Leos Carax
Je connais assez peu ce réalisateur français. Il nous propose ici l'histoire assez barrée, d'un homme-monstre sorti des égouts qui sème la panique dans Tokyo. C'est bizarre, violent, très bien filmé (remarquable plan séquence d'ouverture), et fort bien interprété par Jean Francois Balmer et Denis Lavant. Cependant, malgré la bonne idée de départ, et le côté provocateur indéniable de cette partie, on finit par s'ennuyer un peu, même au bout de trente minutes, ce qui est un peu dommage.

Shaking Tokyo de Bong Joon-ho
Ce dernier segment, que j'attendais avec impatience également, m'a à vrai dire un peu décu. On retrouve effectivement la qualité de la réalisation du Coréen Bong Jooh-Ho, mais à vrai dire, j'ai trouvé que l'idée de départ : un hikikomori - personne ayant fait le choix de rester cloître chez elle - tombe amoureux d'une autre hikikomori , était très bonne, et aurait sans doute mérité d'être un peu plus développée sur la longueur. Ici on reste un peu sur sa faim, dommage.

Au final, c'est un peu la déception qui prédomine, comme souvent avec ce genre de films, on a quelques bonnes choses, mais on sent aussi les réalisateurs enfermés dans un carcan. Pas forcément une franche réussite, mais une curiosité pour les amateurs des trois réalisateurs.

mercredi 15 octobre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Woody Allen fait à coup sûr partie de mes réalisateurs préférés. J'ai rarement été déçu par un de ses films, et j'ai grand plaisir tous les ans, à m'offrir mon petit Woody Annuel. Vicky Cristina Barcelona clôt la trilogie "européenne" commencé avec Match Point et poursuivie avec Scoop. On a beaucoup parlé du film avant sa sortie, notamment à cause de la fameuse scène de baiser entre Penelope Cruz et Scarlett Johansson (les mateurs seront déçus). Vicky Cristina Barcelona, explore, dans un cadre espagnol (et un Barcelone de carte postale), un sujet maintes fois traité par le maître New Yorkais : l'amour et les relations -parfois compliquées - entre les hommes et les femmes.
En effet, il se dégage du film une vraie sensualité, due tant à ses actrices principales qu'à Javier Bardem, sorte d'idéal hispanique en puissance, qui prouve ici son côté protéiforme (la dernière fois qu'on l'avait vu, c'était en psychopathe dans No Country For Old Men)
Allen filme simple mais juste. La photo est jolie sans en faire des tonnes, la mise en scène rythmée (on va droit à l'essentiel, en se permettant quelques ellipses), la musique agréable, et au final on se divertit de ce badinage pendant une heure et demie. On notera la prestation déjantée et habitée de Penelope Cruz, que j'avais rarement vue si bonne (actrice). Et puis Chris Messina est superbe dans un second rôle d'Américain inintéressant et fadasse.
Un Allen de plus, en tant que fan, je l'ai bien apprécié, même si je doute que le temps en fasse un film majeur dans l'oeuvre de Woody. Ceci dit, maintenir un tel niveau de qualité à 72 ans et après plus de 40 films, voilà un bel exploit !

lundi 6 octobre 2008

Entre Les Murs

Tradition oblige, il faut aller voir la Palme d'Or de Cannes. Encore plus cette année car elle est française, ce qui n'était pas arrivé depuis Maurice Pialat en 1987. Et même si le peu que j'avais pu voir d'Entre les murs ne m'avais pas donné très envie. A la sortie, bilan positif, même si je ne suis resté pantois non plus. Tout d'abord, malgré la durée relativement longue (2h08) et le peu de variété des scènes, le film passe très vite. Ensuite, évidemment les acteurs... Enfin si on peut appeler "acteur" le fait de jouer, fort bien certes, mais son propre personnage. Difficile donc de juger de la "performance d'acteur", mais il est vrai que certains des jeunes sont très convaincants, comme Esmeralda, par exemple. Là où on est plus impressionné c'est par la prestation de Francois Bégaudeau, auteur du livre original, et qui est vraiment très bon dans son rôle de prof idéal, passionné et motivé.

Le principal reproche que je pourrai faire au film, c'est qu'on en ressort avec l'impression que tout ça est un peu trop idéal : les répliques font toujours mouche, tant du côté professeur que du côté élève, certains personnages sont un peu des clichés (l'Africain, le Marocain, l'Antillais, le gothique), on sent bien que certaines anecdotes ont été réécrites, et tout cela sonne au final un peu trop scénarisé.
Tout ceci rend le film évidemment très agréable à suivre, mais qu'on a l'impression que cette classe, ce prof, n'existent sans doute pas dans la réalité. On se retrouve donc avec un film assez éloigné du documentaire (ce qu'il n'a pas vocation d'être, mais dont il s'inspire, formellement notamment) et dont le style n'est pas assez personnel pour une fiction (la mise en scène n'a rien de folichon, la musique est quasi-inexistante). C'est très agréable à regarder dans l'instant, on passe un bon moment, mais on se demande si le film aura la même porté dans le temps que certaines des Palmes d'or précédentes.
C'est un peu dommage de voir que depuis quelques années , comme le précise Sébastien sur son blog, Cannes consacre souvent plus un message que le cinéma lui même. A mon avis, depuis Elephant en 2003, Cannes n'a jamais consacré de sa récompense suprême un réalisateur ayant un vrai "style" cinématographique. Je trouve ça un peu dommage. A titre personnel, si j'avais du voter pour un film français dans la sélection cannoise 2008, ma voix aurait été plus encline à se porter sur Un Conte de Noël que sur Entre Les Murs

Take Care,

vendredi 3 octobre 2008

De quoi je ne pourrai pas me passer ?

Je viens de me faire tagguer par Airway qui me met au défi de prouver que ce blog n'est pas mort. Effectivement c'est un peu calme en ce moment, donc je profite de l'occasion pour faire une petite note un peu différente de d'habitude. Alors donc, de quoi ne pourrais-je pas me passer ?
  • De musique, bien sûr. Essentiel. Réécouter des vieux classiques, faire de nouvelles découvertes. Un jour où l'on écoute pas de musique est une journée perdue, ou presque... Je serais bien prêt à sacrifier une partie de mon salaire pour changer pour un boulot où je peux écouter de la musique.
  • De lecture. même si je ne suis pas un lecteur boulimique, il est quasi - essentiel pour moi d'ouvrir un livre avant de m'endormir...
  • De regarder des films (Ciné, DVD), même si l'actualité actuelle de ce blog tend à prouver que je dois pouvoir, effectivement, me passer de cinéma :(
  • De plus en plus : de faire du sport, même si ça doit faire sourire ceux qui ont connu le lycéen antisportif que j'étais.
  • De jouer à Hattrick, jeu en ligne addictif qui m'a pris il y a deux ans, et depuis je n'ai jamais décroché.
  • De soutenir le F.C. Nantes, contre vents et marrées et malgré les résultats catastrophiques et la politique n'importe-quoiesque du club et de son président en ce moment.
Voilà, je crois que j'ai fait plus ou moins le tour, c'est assez amusant à faire comme exercice. Je passe le relais à Jérome, Sébastien , et Raph.

Take care,

Update du 6/10 : Ah, si un dernier truc dont je ne pourrai pas me passer, c'est de faire des listes Excel de tous ce que je fais ou presque : livres lus, films et DVD vus, concerts, bouteilles dégustées ... Vous avez dit maniaque ?

mercredi 3 septembre 2008

The Dark Knight

Pas grand chose à ajouter à la tonne d'éloges qui ont été faites sur ce Dark Knight, deuxième de la série depuis que Christopher Nolan a repris en main la franchise de Batman. Nolan pousse encore plus loin le mythe du chevalier noir, et fait enfin intervenir le personnage du Joker, esquissé à la fin de Batman Begins. Plus que Batman lui même (même si Christian Bale est encore une fois impeccable), c'est bel et bien le Joker qui se taille la part du lion dans ce film, la performance d'Heath Ledger, louée de partout, étant exceptionnelle. A l'image de ce qu'on peut voir dans la première scène, le Joker est un vrai méchant, qui glace le sang, et ne fait pas dans la dentelle, et la performance de Nicholson dans le Batman de Burton prend tout d'un coup un coup de vieux.

A noter également une très belle performance d'Aaron Eckhart, dans le rôle d'Harvey Dent / Double Face, et une flopée de seconds rôles top (Michael Caine, Gary Oldman, Maggie Gyllenhaal, Morgan Freeman). Mais ce qui frappe surtout c'est la qualité de la mise en scène qui ne laisse pas le spectateur souffler pendant 2h30 , durée inhabituelle pour un blockbuster. On sent l'influence de la noirceur du comics relancé par Miller dans les années 80 (Batman DK, mais surtout Batman Year One)

Bref, rien à ajouter, c'est clairement du divertissement de grande qualité, ce qui se fait de plus en plus rare de nos jours. Allez donc le voir tant qu'il est à l'affiche !

lundi 1 septembre 2008

FCN - MUC 72 (1-4) le 30/08/08

On ne m'y reprendra pas de sitôt ! 18 euros pour ça !
Il fallait être bien naïf pour penser que l'éviction de Michel Der Zakarian de l'équipe première du FCN allait changer quelque chose au début de saison poussif des canaris. Intronisé entraîneur, Christian Larièpe n'a pas eu l'effet choc escompté et l'équipe a sombré face au Mans. Reconnaissons tout de même une belle entame de partie ponctuée par un but de Guirane N'Daw sur corner, pour une joie de courte durée car l'équipe du Mans n'a eu besoin que de la fin de la première mi-temps pour reprendre l'avantage.

La seconde mi-temps a sans doute été ce qu'il nous a été donné à voir de plus médiocre à la Beaujoire depuis le 5-2 encaissé face à Valenciennes en 2007. Une défense à la rue, un milieu de terrain "à trous" (j'ose mettre ça un peu sur le compte de l'absence de Faty) et un attaque anémique, le tableau était complet.
Alors on peut juste apprécier les quatre buts manceaux, tous très beaux. Cette équipe du Mans joue collectif, fait confiance a ses jeunes et recrutes intelligemment à l'image de ses deux norvégiens arrivés à l'intersaison. Tout ce que Nantes ne fait pas, en somme ... :-(

lundi 25 août 2008

Gomorra

Dès l'annonce de la présence de Gomorra au Palmarès du dernier festival de Cannes, je me suis rué sur le livre de Roberto Saviano afin de pouvoir le lire avant la sortie du film, prévue pour le mois d'août. J'ai adoré ce livre, qu'on a fort justement comparé à De Sang Froid de Capote, qui nous fait plonger au coeur des méthodes de la Camorra napolitaine, comme si on y était, le danger, pour le lecteur, en moins. Et forcément, j'attendais avec impatience la sortie du film...

Et on se retrouve avec l'éternel dilemme : faut il voir le film avant ou après avoir lu le livre ? Gomorra, le livre, est si détaillé que le film va forcément moins dans les détails, ce qui fait qu'on en ressort avec une petite pointe de déception. Je nuance un peu cet avis, car l'adaptation d'un livre aussi complexe passait forcément par quelques compromis. On ne peut pas reprocher à Matteo Garrone de ne pas avoir choisi un parti pris artistique intéressant, en se focalisant sur quelques épisodes marquants de l'univers dépeint par Roberto Saviano. Il n'y a pas vraiment de héros dans Gomorra, on suit le parcours de plusieurs personnages en lien de près ou de loin avec la Camorra. On est souvent caméra à l'épaule, ce qui renforce l'impression d'immersion au sein de la pègre. Un des défauts du film est sans doute la manque charisme de ses "héros" et même si c'est voulu, car le film n'idéalise pas la Camorra comme Le Parrain peut donner une image positive de la mafia, par exemple. On a par conséquent un peu de mal à s'identifier aux personnages. Il n'empêche que, même moins détaillé que le livre, le film dénonce les méthodes de la Camorra pour s'enrichir illégalement : argent sale, drogue, trafic de déchets, haute-couture et contrefaçon et bien sûr : crime. Les âmes sensibles apprécieront que certains des assasinats ou des vengeances décrites dans le livre n'aient pas été tournées dans le film, ça aurait donné des scènes à la limite du supportable !
Enfin, Gomorra n'a, à mon avis, pas volé son Grand Prix au festival de Cannes et est un film de très bonne qualité. Ceux qui auront accroché au film pourront se plonger dans le livre, qui contient encore plus de détails et est une vraie enquête de fond sur la criminalité napolitaine.

lundi 4 août 2008

Surveillance

Surveillance est le second long métrage de Jennifer Lynch, la fille de David Lynch, producteur exécutif du film, et j'avoue que ce lien de parenté y est pour beaucoup dans le fait que je sois allé voir ce film. Être la fille d'un des plus grands réalisateurs de ces vingt dernières années doit être fardeau bien lourd à porter lorsque l'on se lance dans le cinéma. Mais Jennifer Lynch assume et Surveillance porte ouvertement l'influence du cinéma paternel : cadrages "lynchéens", musique oppressante (en partie composée par David Lynch) , acteurs connus des fans , notamment le Bill Pullman de Lost Highway (avec quelques kilos de trop), et pitch inspiré de Twin Peaks - les agents du FBI qui arrivent dans une ville suite à un meurtre sanglant - ... J'ai trouvé pour ma part l'hommage un peu trop appuyé et j'aurais préféré voir une réalisation originale plutôt qu'une copie, forcément en moins bien, de la patte du cinéma de David Lynch

Le film est néanmoins efficace, surtout dans sa première moitié, et met en scène une galerie de personnage originaux et bizarres. Après ça se gâte une peu, pour finir dans la série B de - presque - bas étage. J'avais de surcroît deviné la fin a la moitié du film, ce qui m'a fortement gâché mon plaisir. Il y avait sans doute mieux à faire avec le sujet de la surveillance et des caméras évoqué dans la bande annonce. Le mieux pour Jennifer Lynch, si elle souhaite se faire un prénom serait peut être de s'éloigner de ce nom un peu pesant. Surveillance n'est pas un mauvais film, et sait parfois captiver son spectateur en pointillés, mais c'est le film d'un élève appliqué, ni plus, ni moins. On avait évoqué les frères Coen, on en est loin , très loin. Un peu décevant.

Wall E

Une nouvelle fois, avec Wall E, Pixar a réussi son coup. Encore un chef d'oeuvre, le deuxième de suite après Ratatouille. Cette fois ci point de rat cuisinier, mais une superbe fable de science-fiction, une histoire d'amour un surtout quasiment un pamphlet contre les dérives de la société de consommation, et une dénonciation des dérives du modèle consumériste et de son impact sur l'environnement. Le propos est osé (et un peu aussi ambigu quand on voit la tonne de produits dérivés estampillés du sigle du petit robot), et passera sans doute au dessus de la tête de pas mal des enfants qui iront voir le film, car Wall E, comme tous les Pixar mais peut être plus encore, est un film qui possède plusieurs niveaux de lectures et peut ainsi sans problème être apprécié par des adultes. De peu improbable entre deux robots. Mais Wall E n'est pas que cela. C'est nombreuses références, au cinéma (2001, l'odyssée de l'espace, E.T., Hello Dolly), à la culture geek (Wall E fait le bruit d'ouverture d'un Mac quand il est rechargé, EVE a été designée par le createur de l'Ipod), font que l'adulte y trouvera tout a fait son compte. L'histoire n'est pas du tout mièvre, et fait la part belle à l'émotion - oui on peut être ému par des robots. La plupart des gags sont essentiellement visuels, et Pixar se situe là aussi bien au dessus de la mêlée des autres films d'animations, qui ne sont basés que sur des dialogues humoristiques déclamés par des acteurs célèbres en général. La première demi-heure et quasi-muette et certaines des situations font penser à du Chaplin, ni plus ni moins.

Qu'ajouter à ce concert de louanges ? Que la réalisation technique repousse une fois encore les limites de ce que l'on peut imaginer (de superbes effets de lumières qui rappellent ceux de Cars, par exemple). Que la musique, pour partie co-signée par Peter Gabriel pour deux des plus beaux thèmes du film et le génial générique de fin, est superbe. Que le film est précédé d'un excellent petit court métrage qui nous rassure sur les qualités de la génération montante de chez Pixar. Tout cela à la fois, oui. Il semblerait bien que Wall E soit un incontournable à aller voir cet été, ne le manquez pas.

lundi 21 juillet 2008

Valse avec Bachir

J'ai mis le temps, mais j'ai enfin trouvé le moyen d'aller voir Valse avec Bachir, d'Ari Folman, un des gros buzz du dernier festival de Cannes (dont il était toutefois reparti bredouille). Le film est intéressant à plus d'un titre. Pour la forme tout d'abord, c'est sans doute un des seuls "documentaires d'animation" où le réalisateur mêle à une bande son réelle (les témoignages des soldats israéliens impliqués dans la guerre au Liban) des images d'animation, qu'elle soit 3D ou 2D. Le résultat est très réussi, même si on a pas une qualité exceptionnelle au niveau de l'animation, le but recherché n'est pas là. Par ailleurs, la musique est tout à fait bien choisie et rythme avec qualité les temps forts du film (comme par exemple cette belle utilisation de "Enola Gay" d'OMD).

Outre ces qualités purement formelles, Valse avec Bachir nous éclaire sur un des évènements les plus horribles de l'histoire mouvementée du Liban : les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, en représailles de l'assassinat de Bachir Gemayel, avec la complicité plus ou moins implicite de l'armée israélienne. Le réalisateur, qui était mobilisé au moment des faits, se sert de son film comme d'une sorte de psychanalyse, et va rencontrer différents témoins afin de se remémorer sa réelle implication dans ces évènements. C'est l'occasion d'avoir des témoignages poignants de soldats israéliens, de journalistes, détaillant peu à peu la chronologie de la guerre libanaise en général puis du massacre en particulier. On sombre petit à petit de l'insouciance des soldats mobilisés, partant la fleur au fusil ou presque, à l'horreur de la découverte des résultats du "nettoyage" des camps de réfugiés, la dernière scène nous ramenant brutalement à la réalité de la manière la plus efficace qui soit. La trame narrative est tout à fait efficace, et tout comme le réalisateur, dont la mémoire fait défaut, le spectateur redécouvre cette réalité par bribes.

En résumé, tant pour la forme originale que pour le fond , Valse avec Bachir est clairement un film à ne pas manquer pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire récente du proche-orient, qui, au vu des dernières actualités, est souvent proche de bégayer.

lundi 7 juillet 2008

Magma - Festival Les Soleils Bleus - St Herblain - Le 4/07/08

Je n'avais jamais vu, jusqu'à vendredi soir dernier, la légende du Zheul Magma sur scène. De ce qu'on m'en avait dit auparavant, c'était à voir, et le concert donné dans le cadre du festival "Les Soleils Bleus" de St Herblain à quelques minutes seulement de chez moi, était l'occasion de rattraper cette lacune. D'autant qu'en plus de Magma, le groupe, on pouvait apprécier la présence de leur invité "cerise sur le gâteau" (le concept de ce festival, pour sa dixième édition, était que chaque groupe avait le droit à un invité). L'invité de Magma n'était autre que l'excellent bassiste français Jannick Top, membre historique de la formation.

A groupe exceptionnel conditions exceptionnelles. A commencer par les conditions météo, le temps qui s'était maintenu toute la soirée se mit à devenir menaçant à l'approche du concert, et l'averse commença dès les premières notes jouées... Ceci donna au concert un côté un peu surréaliste, et hormis le fait d'être peu a peu trempé. Le groupe commença par un premier morceau d'une heure "Ëmëhntëht-Rê", morceau conceptuel sur l'Egypte, composé de multiples parties, et où comme à l'habitude dans Magma, les voix masculines et féminines se répondent, le tout soutenu par la guitare, la basse, le clavier, le vibraphone et bien sûr le jeu de batterie dantesque de Christian Vander pour un résultat assez hypnotisant. Car c'est bel est bien le mot, la musique de Magma sur scène est une invitation au voyage psychédélique, le tout sans substances prohibées, pas besoin. On ne voit pas du tout le temps passer, même quand le titre dure près d'une heure. La qualité des musiciens est telle qu'on se laisse bercer et envoûter sans le moindre souci... On passe de passages planants ou jazzy à des passages violents que ne renierait pas un groupe de métal.

Après ce morceau d'une heure, durant lequel les roadies se sont activés pour protéger la scène de la pluie, qui s'arrêtera à la fin de titre, le groupe revint sur scène avec son invité, Jannick Top, donc, pour le titre "De Futura". Petit bémol pour ce titre, l'arrivée d'une seconde basse sur scène rendit le son vraiment médiocre, trop fort et trop chargé en fréquences basses. Malgré ce petit problème, le morceau fut toutefois très agréable, même si un peu moins propice au voyage que le précédent.

On ressort de ce concert un peu secoué, avec l'envie de revoir le groupe dans une salle, et pour un concert un peu plus long. Pour une découverte ce fût néanmoins parfait. A quand le prochain concert ?

Hellfest 2008

Cette année comme depuis trois ans, j'ai eu le plaisir de participer au plus gros festival de musiques extrêmes français, le Hellfest, qui par chance se trouve tout près de chez moi. Trois jours d'excellents concerts, avec cette année pour la première fois depuis que le festival existe, une organisation sans défaut majeur. Vous pourrez lire en suivant ce lien un live report sur le webzine Eklektik Rock auquel j'ai participé. Bonne lecture !

jeudi 3 juillet 2008

Iron Maiden - Somewhere Back In Time - POPB - Le 01/07/08

Cette tournée d'Iron Maiden, bien nommée Somewhere Back In Time, donnait l'occasion aux groupes de revisiter quelques classiques de ses trois albums cultes des années 80 : Powerslave, Somewhere in Time, et Seventh Son Of A Seventh Son. Je passerai rapidement sur les deux premières parties. Lauren Harris c'était très ennuyeux, Avenged Sevenfold un peu moins, même si j'avais préféré leur prestation il y a deux ans avant Guns'N'Roses. De toute façon on ne va pas à un concert de Maiden pour les premières parties, qui ont en outre bénéficié d'un son pas terrible du tout.

Le son s'améliorera évidemment pour Maiden. Le groupe est encore au top de sa forme malgré les années (Bruce Dickinson a 50 ans cette année mais saute encore comme un cabri). La scène était ornée d'un superbe décor aux ambiances égyptiennes et complétée par plusieurs beaux backdrops, marque de fabrique du groupe. On pourra évidemment chipoter un peu sur la setlist, qui gardait encore une part importante de classiques immanquables du groupe, et qui auraient pu être remplacés par une ou deux pépites extraites des trois albums sur lesquels se centrait la tournée ("Infinite Dreams" ou "Stranger In A Strange Land" par exemple).

Ceci dit, il y a plusieurs raisons d'être très satisfait... Tout d'abord parce que voir en live des brûlots comme "Powerslave" (avec le masque du Live After Death) ou le formidable et progressif "Rime of the Ancient Mariner" - pas joué depuis très longtemps - est une grande satisfaction. Ensuite parce que c'est sans doute le show de Maiden le plus impressionnant que j'ai vu au niveau de la mise en scène, avec de la pyrotechnie à foison et de surcroît fort bien intégrée au show (exemple le rideau de flammes "traversé" par Bruce avant "Powerslave"). Et puis enfin parce que Maiden reste Maiden, les années passent mais ne semblent pas avoir de prise sur eux le groupe a toujours autant la pêche sur scène et est toujours une valeur sure et un grand nom du heavy-metal tout simplement, sans doute le plus grand. Bruce nous a promis qu'ils reviendraient l'an prochain avec "un nouvel album" : il ne sont donc pas prêts de s'arrêter.

Setlist
  • Intro. Churchill's Speech
  • "Aces High"
  • "2 Minutes to Midnight"
  • "Revelations"
  • "The Trooper"
  • "Wasted Years"
  • "The Number of The Beast"
  • "Can I Play with Madness"
  • "Rime of the Ancient Mariner"
  • "Powerslave"
  • "Heaven Can Wait"
  • "Run to the Hills"
  • "Fear of The Dark"
  • "Iron Maiden"
  • "Moonchild"
  • "The Clairvoyant"
  • "Hallowed Be Thy Name"

mercredi 2 juillet 2008

Régis Mailhot - La compagnie du café théâtre - Le 27/06/08

Juste une petite note en vitesse. Ce n'est pas trop dans mes habitudes d'aller voir des spectacles comiques mais l'occasion m'a été donnée par une soirée organisée par mon travail d'aller voir le spectacle de Régis Mailhot, chroniqueur, entre autres sur France Inter dans la toute petite salle de la compagnie du café théâtre de Nantes. Je n'étais pas fan du bonhomme lorsqu'il intervenait sur France Inter, trouvant ses chroniques convenues et souvent pas très drôles (au contraire d'un Didier Porte, issu de la même "école" du fou du roi). En "live" ça passe un peu mieux, les mimiques du comiques et sa bonne bouille faisant un peu oublier son humour un peu poussif. On arrive même à sourire, voire à rire, par moments, ce qui me fait penser que si j'allais voir un comique que j'aime à la base, ça pourrait être pas mal du tout ...

A très vite,

vendredi 13 juin 2008

Un Conte de Noël

J'avoue que jusqu'à ce film, j'étais complètement passé à côté de la filmographie d'Arnaud Despleschin, le cinéma français récent n'étant, en général pas tout à fait ma tasse de thé. Le casting impressionnant et le bouche à oreille très positif m'ont tout de même incité à aller voir ce Conte de Noël. Bien m'en a pris car le film est assurément de haute qualité. Après un premier quart d'heure où j'ai eu assez peur d'avoir affaire à un mélo à la française, le film déploie ensuite pendant deux heures et demie des trésors d'humour noir, de sarcasme, de cynisme et de férocité. On navigue en permanence entre l'émotion la plus intense, car le film sait être très émouvant par instants, et l'humour : répliques cinglantes, cyniques, mais aussi moments de cartoon. Le film porte le sceau des grands réalisateurs qui savent nous faire passer en quelques instants du rire aux larmes. On pense à Wes Anderson et à sa famille Tannenbaum, influence évidente du cinéaste français, qui sait aussi signifier au spectateur cinéphile qu'il connaît ses classiques, comme en témoigne un clin d'œil à une scène culte de Vertigo que Catherine Deneuve a dû apprécier, ou une citation du cinéaste – poète Terrence Malick.

Parlons un peu du casting, car c'est bien évidemment l'un des attraits majeurs de ce film : outre la méga-star Deneuve, en grande forme, on trouve également Jean-Paul Roussillon parfait en père de famille mais aussi des valeurs sures du cinéma français comme Melvil Poupault ou Emmanuelle Devos ou Chiara Mastroianni. Et que dire de Matthieu Amalric sinon qu'il porte le film littéralement sur ses épaules, illuminant le film de sont talent du début à la fin, à la fois détestable et attachant en diable. Je ne connaissais cet acteur que de réputation, mais le voir dans ce film a été une vraie révélation.

Bref, Un Conte de Noël est un excellent film, qui tutoie de peu le statut de chef d'œuvre. Pour une fois que le cinéma français ne nous sert pas un n-ième film cousu de fil blanc, il faut en profiter. Allez-y !