jeudi 26 février 2009

Magma - 21/02/09 - Joué Les Tours

La tournée pour les 40 ans du groupe Magma passait par l'Espace Malraux de Joué-Les-Tours samedi dernier (très belle salle soit dit en passant). Quelques jours après les dates parisiennes, nous avons eu le droit à quasiment la même setlist, moins la "ballade" de fin jouée à Paris, c'est à dire :

  1. Untitled (nouveau titre)
  2. Felicite Thosz
  3. Emehnteht-Re
  4. De Futura

(que les puristes du Kobaïen me pardonnent, je n'ai pas dû mettre les trémas au bon endroit)

Ça avait beau être l'anniversaire de Vander, qui a reçu pour l'occasion la médaille de la ville de Joué les Tours (ce qui a du le remplir de joie), nous n'avons eu le droit à rien de spécial mis à part un joyeux anniversaire chanté par Stella et la salle en fin de concert.

Nous étions placés près de la scène mais un peu décalés et pas idéalement à savoir que le clavier était dans la ligne de mire entre nous et Vander. Pas idéal pour apprécier le jeu toujours hallucinant du plus célèbre des batteurs français. Et puis, du coup on entendait beaucoup le clavier, et parfois assez peu la guitare de Mc Gaw. A part ça, rien a redire sur le son, il était très honorable.

Le premier titre était correct mais manque du côté aérien qui me plaît chez Magma et est un peu trop martial à mon goût, on sent néanmoins qu'il doit encore être peaufiné... "Felicité Thosz" est vraiment sympathique, avec des parties à tomber, et dans l'ensemble excellent si l'on exclut le dispensable solo de clavier au milieu.

"Emehnteht-Re" pour plat de résistance, avec ses parties vraiment apocalyptiques, et des parties de chant de Vander vraiment hypnotiques ... J'aime moyennement le final que je trouve trop glauque (et un peu long) mais les 55 minutes sont passées comme une lettre à la Poste. Et pour finir un excellent rappel avec le classique, "De Futura" dans une version complètement speedée qui envoyait du bois. Un superbe titre, même sans Jannick Top à la basse, Philippe Bussonnet se débrouille très bien de toute façon.

Au final un excellent concert, et deux heures qui sont passées trop vite. J'irai revoir Magma avec plaisir sur scène.

lundi 23 février 2009

The Curious Case Of Benjamin Button

David Fincher est doué, très doué. On n'a pas attendu la sortie de son dernier, film, The Curious Case of Benjamin Button pour s'en rendre compte. Encore une fois, le réalisateur des cultissimes Seven et Fight Club nous offre un film très beau, très bien réalisé, avec quelques plans et images à couper le souffle, à la mesure du talent du bonhomme...

Et puis... Et puis c'est à peu près tout en fait, je me suis pas mal ennuyé pendant les 2h35 de la projection. Je m'attendais à trouver ça un peu mièvre, scénariste de Forrest Gump oblige, j'ai juste trouvé ça plat, sans vraiment de saveur, le film n'a n'a clairement pas réussi à me toucher. En partant d'une idée originale, avec des bons acteurs, un tour de force technique pour que l'idée de départ soit crédible à l'écran, le soufflé retombe assez vite. On suit les personnages sans réelle implication pendant toute la durée du film, qui du coup parait vraiment long. Paradoxalement l'idée (assez intéressante) de départ, n'a pas été assez creusée, et n'est prétexte qu'à quelques banalités distillés ici ou là sur le sens de la vie qui passe, la mort ou le fait que tout ne dure qu'un temps, philosophie de comptoir qui atteint son paroxysme avec horrible passage qu'on croirait tiré d'Amélie Poulain sur le destin et le hasard. D'ailleurs le film se rapproche d'Amélie Poulain ou de Forrest Gump (en moins larmoyant tout de même, et heureusement) dans cette construction d'un monde idéalisé, presque comme une image d'Epinal.

Au final dans le style "histoire extraordinaire" je trouve un Big Fish de Burton bien plus réussi, car bien plus poétique. Et puis c'est énervant de voir un réalisateur talentueux comme David Fincher gâcher son talent à courir, sans y arriver d'ailleurs, après les Oscars avec ce film trop consensuel. Après la claque de Zodiac, on était en droit d'attendre mieux.

samedi 21 février 2009

The Wrestler

J'étais faché avec Aronofsky. J'avais bien aimé Requiem For a Dream la première fois que je l'ai vu, mais un récent re-visionnage m'avait ouvert les yeux sur les défauts de ce film. Et que dire de The Fountain, trop prétentieux à mon goût, que j'avais tout bonnement détesté. Et puis là, attiré par le buzz autour du retour de Mickey Rourke, déjà brillant dans Sin City, et par la bande annonce, je me suis laisser tenter par The Wrestler. Bien m'en a pris car le film est excellent, Aronofsky a trouvé dans sa mise en scène une sobriété toute nouvelle qui met en valeur son talent. L'image granuleuse, la caméra au poing, donnent à ce film un petit côté reportage qui convient tout à fait au sujet. On suit donc le baroud d'honneur d'une ex-star du catch, un has-been confronté à la dualité entre sa vie sur le ring (où il est encore respecté par ses pairs, malgré une carrière très en déclin) et sa vie réelle, entre job à mi-temps au supermarché et mobil-home.

Il est difficile de ne pas être ému par Mickey Rourke, qui au vu des parallèles entre sa vie et celle du personnage qu'il incarne, est évidemment parfait pour le rôle. Je ne sais pas si on peut parler de performance d'acteur pour le coup, mais il est tout à fait touchant dans le rôle : "old piece of meat" comme il le dit lui même entre deux personnages féminins, une strip-teaseuse (elle aussi en fin de parcours) qui, pour faire un usage similaire de son corps pour créer de l'illusion, le comprend, et sa fille qui rejette en bloc tout ce qu'il représente.

La réalisation est excellente, arrivant à nous faire entrer dans l'intimité du catch, à nous montrer tous les petits trucs de ce sport-spectacle, tout en ne négligeant pas l'aspect (très) physique et violent des combats, même s'ils sont truqués et arrangés. Il est assez fascinant de voir l'envers du décor, avec les catcheurs faisant preuve d'une solidarité hors du ring proportionelle à la brutalité sur le ring. Niveau musique, on a bien entendu le droit à une bande-son style catch ne négligeant pas les standards du big rock US et du hard rock (l'ex Guns'n'Roses Slash ayant même été mis à contribution sur quelques titres).

A l'image de la chanson du générique de fin, interprétée par Springsteen, The Wrestler laisse un sentiment mélancolique dans la gorge, mais aussi l'image d'un film brillant, sans doute le meilleur (je n'ai pas vu Pi) de ce réalisateur à ce jour.

vendredi 13 février 2009

Slumdog Millionaire

Je n'ai pas lu le roman qui a servi de matériau de base à ce film, mais alléché par les critiques laudatives qu'on m'en avait faites, et par la bonne critique de Seb sur son blog, je me suis laissé tenter par le dernier film de Danny Boyle. Deux heures plus tard, sentiment mitigé. J'ai pu apprécier le talent de mise en scène de Boyle, des acteurs inconnus mais très corrects, et un certain dépaysement dans un pays encore assez peu connu en occident (mais pourtant grand producteur de films).

En contrepartie, je trouve que le scénario du film est un peu cousu de fil blanc, trop manichéen, et à vrai dire un peu trop idéaliste. Ce n'est pas désagréable, c'est juste un peu insipide, plat. D'autre part, le film est un peu trop long, et s'essouffle vraiment pendant la dernière demi-heure, une fois qu'on a compris les mécanismes du récit (comment le héros connaît la réponse à chacune des questions), quel est l'intérêt d'une question de plus ou de moins ? Et puis on n'échappe pas à quelques clichés sur l'Inde, forcément.

Au final, ce n'est clairement pas un "mauvais" film, mais juste un film assez moyen, qu'on se prendra je pense à oublier assez vite une fois sorti du cinéma.

dimanche 8 février 2009

Che 2ème partie : Guerilla

Quelques semaines après, donc seconde partie du film de Soderbergh sur le Che. Et bien tuons le suspense d'entrée, elle ne déçoit pas du tout. Si la première partie s'intéressait plutôt à la légende du Che lors de la révolution cubaine, on peut dire que cette seconde partie a plutôt tendance à s'intéresser à l'homme, lorsque Guevara, une fois la révolution cubaine menée a bien, part en Amérique latine pour exporter ses idéaux. C'est la dernière année de Che Guevara en Bolivie qui est mise en lumière dans cette seconde partie. Un peu de la même manière que dans la première partie, on suit les groupe de guérilleros, entraînes par le Che, dans leur tentative de prise du pouvoir. Sauf que là, tout ne se passe pas comme à Cuba.
Pourquoi ? Le film offre plusieurs pistes : l'action des Américains, bien sur, échaudés par ce qui s'est passé à Cuba, et qui offrent au gouvernement bolivien des moyens importants pour combattre la guérilla. Et puis aussi le fait que la motivation des troupes semble bien moindre que dans l'aventure cubaine, que le "Che", pourtant argentin, passe pour un étranger. Et puis la propagande anti-communiste qui amène les paysans boliviens, pourtant extrêmement pauvres et exploités à le livrer au gouvernement bolivien, qui l'assassinera. Soderbergh ne donne pas une seule réponse mais offre des pistes, ce qui est bien plus malin.


Ce second volet est à la hauteur du premier, peut être un peu au dessus même. le faux-rythme lent de la seconde partie nous met bien dans l'ambiance de ce combat perdu d'avance. Une fois de plus, Benicio del Toro est énorme du début à la fin, il tient sans doute avec ce rôle l'un des tous meilleurs de sa carrière, c'est évident. Soderbergh filme juste, nous fait apprécier l'homme, ses combats, sans parti pris excessif. Bref, un très beau dyptique pour une légende, qui complétera fort bien Carnets de Voyage de Walter Salles.

samedi 7 février 2009

Top Ciné 2008

Avec un peu de retard je poste la liste des film qui ont le plus retenu mon attention l'année dernière. Sans plus de commentaires. A vous de poster les vôtres si vous le souhaitez

  1. Un Conte de Noël
  2. Two Lovers
  3. Waltz With Bachir
  4. There Will Be Blood
  5. No country for old men
  6. Vicky Cristina Barcelona
  7. Gomorra
  8. Wall E
  9. Mesrine (Part 1 and 2)
  10. The Dark Knight

mardi 27 janvier 2009

Top Musical 2008

Allez, c'est sans doute un peu tard, mais je profite de ce début d'année pour faire mon petit top ten de l'année musicale écoulé. Plutôt une bonne année, en espérant que la prochaine sera aussi bonne. Alors dans le désordre, mes dix disques préférés.


Goldfrapp : Seventh Tree
Groupe découvert sur le tard (merci à Seb), mais coup de coeur immédiat. Je complêterai la discographie en 2009, mais la variété ce ce qu'est capable de faire ce duo (folk sur ce disque, trip hop sur le premier, pop-glam-dance sur les autres) m'a conquis illico.


Extreme - Saudades De Rock
2008 a été l'année de retours, en voilà un plutôt réussi. Un très bon disque, avec un lot de pépites ("Confortably Dumb, Ghost). Mon regret 2008 : ne pas avoir été au concert de Paris, j'espère me rattraper en 2009 s'ils repassent.

Guns N' Roses - Chinese Democracy
Ben voilà, maintenant on ne peut plus faire de blagues sur la date de sortie, Chinese Democracy est sorti, et le pire c'est qu'il est bon. Sorte de Use Your Illusion III, varié, efficace, superbement produit, le disque le plus cher de l'histoire du rock a su trouver grâce à mes yeux.
Coldplay - Viva La Vida
Coldplay a su faire avec ce disque ce qu'ils n'avaient pas fait avec le précédent : évoluer. Plutôt positivement vers une pop accessible mais qui contient tout de même quelques beaux morceaux à tiroirs ... Une bien belle réussite pour ce disque (et aussi pour l'EP qui a suivi)

Airbourne - Running Wild
Le disque de l'été. Alors que le dernier AC-DC ne m'a collé qu'une demi-molle , ce Airbourne démarre pied au plancher, accélère, et finit à fond. Rien à jeter sur ces onze titres qui donnent envie de faire la fête. En live, le groupe assure également à fond (vu au Hellfest)

Cynic - Traced In Air
2009, année des retours, et du plus improbable. Le cultissime Cynic, auteur d'un seul disque, a réussi son pari, donner une suite à Focus qui soit digne de cet album mythique qui avait quasiment inventé le death progressif à lui tout seul. C'est chose faite. Traced In Air est court, mais il n'y a absolument rien à jeter dessus.

Opeth - Watershed
J'étais un peu fâché avec Opeth depuis quelques années, Watershed a signé les réconciliations. Le feeling 70's et le coté progressif encore plus présent y sont sans doute pour quelque chose.


Gojira -The Way Of All Flesh
Je pense , avec le recul, qu'il s'agit de mon album préféré de Gojira, non que je n'aime pas les autres, loin de là, mais ce petit dernier a clairement tout d'un grand disque, tous les titres sont excellents, le groupe a encore évolué, le son est encore plus dantesque... J'espère les voir en live en 2009

Marillion - Happiness Is The Road
Un bien beau double album, qui est à 2008 ce que Marbles avait été à 2004. Bien différent toutefois avec un disque plus calme, et un disque plus "énervé" (pour du Marillion, hein), mais toujours ces ambiances, la voix de H, la guitare de Rothery...Bref, Marillion ...

The Mars Volta - The Bedlam In Goliath
On se demande quand TMV s'essoufflera. Quatrième album et quatrième chef d'oeuvre. Plus axé "chansons" que ses prédécesseurs, ce Bedlam In Goliath est encore une fois une oeuvre sonore d'une immense richesse. J'ai eu la chance de voir le groupe à l'Olympia cette année, et j'en garde un excellent souvenir.

lundi 26 janvier 2009

Revolutionary Road

J'ai beau avoir apprécié énormément American Beauty , je n'ai pas vu les films suivants de Sam Mendes, il faudra que je me rattrape, un jour… Bref, ce Revolutionary Road ("magnifiquement" traduit en Les Noces Rebelles par un traducteur peu doué, faisant d'un coup perdre tout le charme du titre), est seulement le second Sam Mendes que j'ai la chance de voir. Il est par ailleurs dommage qu'il ait été un peu vendu comme "les retrouvailles de Leonardo Di Caprio et Kate Winslet, douze ans après Titanic", car le film de Sam Mendes est tout sauf une bluette pour minettes (malheureusement ca n'a pas empêché ma séance d'être dérangée par une bande de pintades derrière moi, preuve que même les cinémas "Art et Essai" de sont pas à l'abri de ce fléau du 21ème siecle).


Revenons en un instant au film, car il le mérite. Tout d'abord, Revolutionary Road est une leçon de mise en scène : de nombreuses scènes mettent en évidence le talent de Sam Mendes pour mettre en image l'histoire – par exemple le trajet de Jack Wheeler entre son domicile et le travail, perdu au milieu des costumes gris, ou la scène de danse exécutée par Kate Winslet dans le night club, sensuelle et envoûtante. Le film est très beau, avec une photo soignée et réussie et une musique de Thomas Newman, qui officiait déjà sur American Beauty, qui colle parfaitement aux images. Thématiquement, le film n'est pas loin d'American Beauty, on retrouve ce sentiment qu'on passe peut être à coté de sa vie, et qu'on a pas ou ne souhaite pas forcément trouver le courage de s'arracher au quotidien.


Et puis il y a les acteurs, je suis un grand fan de Leonardo Di Caprio, et je suis bien content pour lui qu'il ait pu faire autre chose dans sa carrière que bellâtre pour minettes, quel gâchis cela aurait été au vu du talent du bonhomme… Kate Winslet est peut être encore plus impressionnante, complètement habitée par son personnage de provinciale frustrée, elle a le droit à bon nombre de moments de bravoure dans le film sachant être à la fois horripilante et poignante. Les seconds rôles sont campés par des acteurs un peu moins médiatiques, mais néanmoins excellents.

En voyant ce film on peu penser à Far From Heaven de Todd Haynes, dont il n'est pas si éloigné ou bien au second segment de The Hours de Stephen Daldry. En tout cas, Revolutionary Road est un excellent film, mélancolique et poignant, l'année démarre bien !

lundi 12 janvier 2009

Che - 1ère partie : L'Argentin

Le film était attendu depuis des semaines, bien précédé par un buzz commencé avec le prix d'interprétation à Cannes pour Benicio Del Toro (mérité). Voici donc la première partie de la saga de plus de quatre heures sur l'un des mythes de la seconde partie du vingtième siècle, filmé par le génie Soderbergh, en mode "sérieux" cette fois-ci.

Il est assez difficile de donner un avis en n'ayant vu que la première partie, mais pour ma part j'ai été assez satisfait. Je regretterai juste le fait qu'on a l'impression en regardant le film que le Che n'avait aucun défaut, que le personnage est peut être un peu trop celui de la légende et pas l'homme proprement dit, mais peut être que la seconde partie nuancera l'éloge. A part ça, techniquement c'est au top, le film est mis en scène de fort belle manière (magnifiques allers-retours entre la visite du Che à New York et les scènes de guérilla, scène d'apparition de Fidel Castro qui est un modèle de mise en scène), très bien filmé (la nouvelle caméra RED qu'utilise Soderbergh fait des merveilles), avec une bonne gestion du rythme qui fait qu'on ne s'ennuie pas du tout, et un petit souffle épique qui se lève vers la fin du film, juste ce qu'il faut pour donner le pincement révolutionnaire au cœur.


Outre le prix à Del Toro, on peut aussi remarquer la formidable interprétation de Fidel Castro par Demian Bichir : tout y est : ressemblance physique, voix, intonation. Lui aussi mérite un prix.

Allez, je n'en dis pas plus, et garde mon avis final pour dans trois semaines…

mercredi 31 décembre 2008

Largo Winch

En cette période de fin d'année, il est parfois bon de déconnecter le cerveau pour aller voir un bon film de divertissement. Largo Winch de Jerôme Salle en a toutes les caractéristiques : l'adaptation de la bande dessinée à succès de Jean Van Hamme est assez réussie, et offre à James Bond un pendant franco-belge assez convaincant. Le réalisateur français a réussi à adapter la BD (principalement les deux premiers tomes, mais quelques emprunts sont également faits aux deux suivants), d'assez belle manière. Alors il ne faut pas s'attendre à retrouver ici sur grand écran les cases de la bande dessinée, on n'est pas chez Frank Miller, et de toute facon le style de la bande dessinée, s'il est sympathique, n'a pas l'impact visuel d'un Sin City. Le réalisateur prend même quelques libertés avec le matériau originel, et se permet de retirer du board du groupe W quelques personnages hauts en couleurs que j'aurais bien aimé y voir figurer (comme Dwight Cochrane ou John Sullivan), ou d'adapter certains personnages (comme Freddy Kaplan, dont les attributions ont été un peu modifiées, mais campé ici par un très bon Gilbert Melki). Mais l'essentiel a été conservé : Largo Winch et son père Nerio, qu'on voit pas mal dans ce premier épisode, sont totalement dans l'esprit des héros de la bande dessinée, et c'est ce qui rend ce premier épisode très crédible. Tomer Sisley s'en sort fort bien dans son premier "grand" rôle au cinéma.

On peut ajouter à cela une réalisation très correcte, qui n'a rien à envier à un blockbuster américain, et qui, pour peu qu'on ne le sache pas n'aurait pas laisser deviner que le film était français. Un film d'action français filmé autrement qu'un épisode de Commissaire Navarro, voilà qui fait plaisir ... On ne s'ennuie pas, on voit du paysage, des rebondissement, de la castagne des poursuites et des jolies filles, le tout avec le background économico-financier qui est caractéristique de la BD. Le film réussit par ailleurs à présenter les personnages pour les gens qui ne connaîtraient pas la BD, sans tomber uniquement dans un premier épisode "de présentation" au scénario bâclé.

Non, vraiment à l'instar de la bande dessinée dont il est issue, ce Largo Winch est certes un produit de masse, mais plutôt de bonne qualité, particulièrement adapté en cette période de l'année... Vivement un Largo 2 (avec l'arrivée de Simon Ovronnaz, on espère ...)

lundi 22 décembre 2008

Mesrine , l’ennemi public numéro 1

Le film Mesrine ayant été, de par sa durée, découpé en deux parties, pas mal des critiques que j’ai pu lire sur ces deux parties, s’appliquaient à les comparer… Un peu étrange quand on sait qu’il s’agit d’un seul et même film, ça n’aurait sans doute pas été fait si le film avait été d’un seul tenant. Après avoir vu (enfin) cette seconde partie, j’avoue que je ne comprends pas trop les critiques qui encensaient la première partie pour descendre en flèche la seconde (ou l’inverse, j’ai lu les deux). L’ennemi public numéro 1 est dans la droite lignée de L’instinct de Mort, on s’intéresse cette fois ci aux dernières années de la vie de Mesrine, en particulier ses deux évasions spectaculaires, et quelques scènes cultes passées dans la légende du gangster, comme l’arrestation au champagne par le commissaire Broussard, ou l’achat de la clé des menottes par Mesrine à un fonctionnaire corrompu, achat révélé au grand jour devant le tribunal au cours de son procès.

On sent dans cet épisode Mesrine devenir de plus en plus sur de lui, mais aussi de plus en plus sur de son destin et de sa fin probable. Cassel y est dans la droite lignée de sa performance de la première partie, cabotin comme il faut pour incarner le gangster. Il y est secondé de manière assez formidable par Matthieu Amalric, complice d’évasion et par une Ludivine Sagnier qui est toujours au top pour interpréter des filles vulgaires. Le seul point noir concerne la présence de Gérard Lanvin, grimé et affublé d’un faux accent du sud, pour interpréter Charlie Bauer, on n’y croit pas 5 minutes, et avec tout le respect que j’ai pour Gérard Lanvin, ce rôle est tout bonnement raté.

Au final, ce diptyque est tout de même quelque chose d’assez rare dans le cinéma français : un film ambitieux, maîtrisé et réussi, c’est suffisamment rare pour être remarqué.

lundi 15 décembre 2008

Burn After Reading

Avec ce Burn After Reading, les frères Coen signent un retour à la comédie plus "légère" après un avant-dernier film très noir. On n'est clairement pas ici dans la catégorie "chef d'oeuvre", comme c'est le cas de Fargo ou de No Country For Old Men, mais dans un film plus léger, moins ambitieux, avec comme seul but de nous divertir.

Et il y réussit assez bien, notamment grâce à une belle brochette d'acteurs ne se prenant pas au sérieux :le fidèle George Clooney, qui aime faire le pitre, mais aussi John Malkovich ou Brad Pitt qui s'en sort à merveille dans un rôle de benêt. Alors c'est sans doute vite regardé, vite oublié, mais on peut conter sur les doigts d'une main les réalisateurs arrivant à faire d'aussi bonnes comédies pour leurs films "médiocres" ... Pas un grand Coen Bros, mais un Coen Bros tout de même, donc pas désagréable.

mardi 9 décembre 2008

Hunger

Caméra d'or du dernier festival de Cannes, Hunger de Steve Mc Queen, aborde le sujet brûlant de la guerre civile en Irlande du Nord, mais à la différence du film de Ken Loach Le Vent Se Lève, du côté des combattants de l'IRA prisonniers, et de leur lutte pour une chose : le statut de prisonnier politique, que le gouvernement anglais, par la voix de Margaret Tatcher, leur refusait, les considérants de fait comme des criminels de droits commun. On suit donc leur lutte, tout d'abord par leur grève de l'hygiène et leur refus de porter l'uniforme de prisonnier, puis, la lutte s'intensifiant, on suit la grève de la faim du plus célèbre prisonnier politique Bobby Sands.

C'est un peu cliché de parler de Hunger comme un "film choc", mais c'est pourtant la réalité. La mise en scène est très réaliste et nous plonge tellement dans l'insalubrité de la prison qu'on a parfois l'impression d'en sentir les odeurs. On filme souvent au plus près des personnages, et évidemment vu le sujet, il est inutile de préciser que Hunger est un film dur, très dur ... Ceux que les scènes de torture du film de Ken Loach ont choqué peuvent d'ores et déjà passer leur chemin. En même temps, sans aucun souffle épique, le film nous fait prendre conscience de la détermination de quelques homme qui ont été près a payer de leur vie, dans d'atroces souffrances, le combat pour défendre quelques droits humains basiques. Pour une première réalisation, Steve Mc Queen fait déjà preuve d'une belle maturité, et sa façon par exemple, de nous introduire peu a peu dans la prison, via un surveillant de prison, puis via un prisonnier "lambda" pour arriver peu à peu à Bobby Sands, est remarquable.

Le film est quasi-religieux par moments, évidemment. On remarquera par exemple une très longue scène (plan séquence de 22 minutes), sorte de confession, où Bobby Sands expose sa motivation et ses convictions à un prêtre, et également la longue agonie consécutive à la grève de la faim, très violente, où les blessures de Bobby Sands font écho aux stigmates du Christ.

Hunger est un film violent, sur un sujet pas facile, à l'opposé du divertissement, sa violence en fera un film que peu pourront sans doute supporter, mais c'est néanmoins un très bon film.

lundi 8 décembre 2008

Two Lovers

A la fin de l'année dernière, We Own The Night de James Gray avait bousculé mon "Top de fin d'année" pour se glisser dans les premières places. Il risque fort d'en être de même avec ce Two Lovers, second film en un an pour le même James Gray. On retrouve avec plaisir Joaquin Phoenix (a priori pour son dernier rôle au cinéma, d'après ses dires, en espérant qu'il reviendra sur sa décision), mais dans un rôle complètement différent du patron de boite de nuit de We Own The Night. Ici il incarne un homme de trente cinq ans, suicidaire et torturé, vivant encore dans le cocon familial et torturé entre deux femmes, une brune choisie par ses parents et issue de son milieu (la communauté juive New-Yorkaise d'origine russe), et sa voisine de palier, plus épicée mais aussi plus instable.

Tout dans la mise en scène de ce film touche au sublime. James Gray est décidément aussi doué pour mettre en scène un mélo (pourtant sur une trame assez "basique") qu'un film policier. Le film est constamment à fleur de peau, transmet l'émotion sans tomber dans la sensiblerie. Le film est référencé (Hitchcock, notamment), mais là encore on ne tombe pas dans l'hommage basique. Les acteurs suivent, bien évidemment, la performance de Joaquin Phoenix est saisissante, et même une actrice comme Gwyneth Paltrow, qui est parfois un peu fadasse, trouve ici un rôle qui la met parfaitement en valeur. A n'en pas douter si James Gray continue à filmer des chefs d'oeuvres à ce rythme , il risque de laisser une vraie trace dans l'histoire du cinéma. C'est assez inexplicable qu'un film comme Two Lovers soit reparti de Cannes sans une récompense, il est vrai cela dit qu'il ne comporte pas de message politique ou social, c'est juste un vrai grand film de cinéma.

Allez, une fois n'est pas coutume je suis en phase avec Télérama, donc un petit lien vers la chronique

lundi 3 novembre 2008

Hellboy - The Golden Army

Ce n'est pas un secret, je suis un gros fan des comics de Mike Mignola et de tout ce qui touche au démon rouge Hellboy. J'avais vraiment apprécié le premier film réalisé par Guillermo Del Toro, qui rendait bien hommage au personnage, et conservait intact l'esprit du comics.

Je suis plus réservé sur le second film. Celui-ci possède d'indéniables qualités, notamment au niveau de la mise en scène ou des décors, on sent que Guillermo del Toro s'est fait plaisir avec un bestiaire complexe, bizarroïde et surtout très beau. On est ici dans la droite lignée de son précédent film, Le Labyrinthe de Pan, et certaines scènes, comme la scène d'ouverture toute en marionnette, le combat contre l'esprit sylvestre ou la scène au marché troll par exemple, sont très réussies visuellement. De même, la mise en scène est au top, nous réservant des scènes d'action animées et musclées mais pas stéréotypées, un peu dans le genre de ce que Del Toro avait réussi à faire avec brio sur Blade II. On retrouve également tous les personnages du BPRD, que l'épisode I avait mis en place tranquillement, et on a vraiment cette fois ci l'impression d'être au sein d'une équipe. L'humour, point fort de la série, est également très présent, avec quelques punchlines excellentes du démon rouge (malheureusement j'ai uniquement vu le film en français, je suppose qu'elles font encore plus mouche en V.O.)

Malgré cela, je serais plus réservé sur le scénario. L'histoire est sympathique, mais sans plus, et cette simplicité gâche un peu le plaisir du film. Et puis les "méchants" de ce second épisode sont bien moins charismatiques que ne pouvaient l'être Kroenen ou Raspoutine dans le premier, qui exerçaient sur le spectateur une véritable fascination. J'ai personnellement eu un peu de mal à apprécier le personnage du Prince Nuada, un peu fade, même si l'idée du "lien" avec sa soeur jumelle est assez bonne.

Au final, je ne me suis pas ennuyé devant ce second épisode, notamment car c'est un ravissement visuel, mais je mettrais tout de même un bémol sur le scénario un peu léger ce qui fait que je l'apprécierai sans doute moins, à long terme que le premier épisode. Néanmoins les fans de la série et de Guillermo del Toro devraient y trouver leur compte.

Take care,