mercredi 31 décembre 2008

Largo Winch

En cette période de fin d'année, il est parfois bon de déconnecter le cerveau pour aller voir un bon film de divertissement. Largo Winch de Jerôme Salle en a toutes les caractéristiques : l'adaptation de la bande dessinée à succès de Jean Van Hamme est assez réussie, et offre à James Bond un pendant franco-belge assez convaincant. Le réalisateur français a réussi à adapter la BD (principalement les deux premiers tomes, mais quelques emprunts sont également faits aux deux suivants), d'assez belle manière. Alors il ne faut pas s'attendre à retrouver ici sur grand écran les cases de la bande dessinée, on n'est pas chez Frank Miller, et de toute facon le style de la bande dessinée, s'il est sympathique, n'a pas l'impact visuel d'un Sin City. Le réalisateur prend même quelques libertés avec le matériau originel, et se permet de retirer du board du groupe W quelques personnages hauts en couleurs que j'aurais bien aimé y voir figurer (comme Dwight Cochrane ou John Sullivan), ou d'adapter certains personnages (comme Freddy Kaplan, dont les attributions ont été un peu modifiées, mais campé ici par un très bon Gilbert Melki). Mais l'essentiel a été conservé : Largo Winch et son père Nerio, qu'on voit pas mal dans ce premier épisode, sont totalement dans l'esprit des héros de la bande dessinée, et c'est ce qui rend ce premier épisode très crédible. Tomer Sisley s'en sort fort bien dans son premier "grand" rôle au cinéma.

On peut ajouter à cela une réalisation très correcte, qui n'a rien à envier à un blockbuster américain, et qui, pour peu qu'on ne le sache pas n'aurait pas laisser deviner que le film était français. Un film d'action français filmé autrement qu'un épisode de Commissaire Navarro, voilà qui fait plaisir ... On ne s'ennuie pas, on voit du paysage, des rebondissement, de la castagne des poursuites et des jolies filles, le tout avec le background économico-financier qui est caractéristique de la BD. Le film réussit par ailleurs à présenter les personnages pour les gens qui ne connaîtraient pas la BD, sans tomber uniquement dans un premier épisode "de présentation" au scénario bâclé.

Non, vraiment à l'instar de la bande dessinée dont il est issue, ce Largo Winch est certes un produit de masse, mais plutôt de bonne qualité, particulièrement adapté en cette période de l'année... Vivement un Largo 2 (avec l'arrivée de Simon Ovronnaz, on espère ...)

lundi 22 décembre 2008

Mesrine , l’ennemi public numéro 1

Le film Mesrine ayant été, de par sa durée, découpé en deux parties, pas mal des critiques que j’ai pu lire sur ces deux parties, s’appliquaient à les comparer… Un peu étrange quand on sait qu’il s’agit d’un seul et même film, ça n’aurait sans doute pas été fait si le film avait été d’un seul tenant. Après avoir vu (enfin) cette seconde partie, j’avoue que je ne comprends pas trop les critiques qui encensaient la première partie pour descendre en flèche la seconde (ou l’inverse, j’ai lu les deux). L’ennemi public numéro 1 est dans la droite lignée de L’instinct de Mort, on s’intéresse cette fois ci aux dernières années de la vie de Mesrine, en particulier ses deux évasions spectaculaires, et quelques scènes cultes passées dans la légende du gangster, comme l’arrestation au champagne par le commissaire Broussard, ou l’achat de la clé des menottes par Mesrine à un fonctionnaire corrompu, achat révélé au grand jour devant le tribunal au cours de son procès.

On sent dans cet épisode Mesrine devenir de plus en plus sur de lui, mais aussi de plus en plus sur de son destin et de sa fin probable. Cassel y est dans la droite lignée de sa performance de la première partie, cabotin comme il faut pour incarner le gangster. Il y est secondé de manière assez formidable par Matthieu Amalric, complice d’évasion et par une Ludivine Sagnier qui est toujours au top pour interpréter des filles vulgaires. Le seul point noir concerne la présence de Gérard Lanvin, grimé et affublé d’un faux accent du sud, pour interpréter Charlie Bauer, on n’y croit pas 5 minutes, et avec tout le respect que j’ai pour Gérard Lanvin, ce rôle est tout bonnement raté.

Au final, ce diptyque est tout de même quelque chose d’assez rare dans le cinéma français : un film ambitieux, maîtrisé et réussi, c’est suffisamment rare pour être remarqué.

lundi 15 décembre 2008

Burn After Reading

Avec ce Burn After Reading, les frères Coen signent un retour à la comédie plus "légère" après un avant-dernier film très noir. On n'est clairement pas ici dans la catégorie "chef d'oeuvre", comme c'est le cas de Fargo ou de No Country For Old Men, mais dans un film plus léger, moins ambitieux, avec comme seul but de nous divertir.

Et il y réussit assez bien, notamment grâce à une belle brochette d'acteurs ne se prenant pas au sérieux :le fidèle George Clooney, qui aime faire le pitre, mais aussi John Malkovich ou Brad Pitt qui s'en sort à merveille dans un rôle de benêt. Alors c'est sans doute vite regardé, vite oublié, mais on peut conter sur les doigts d'une main les réalisateurs arrivant à faire d'aussi bonnes comédies pour leurs films "médiocres" ... Pas un grand Coen Bros, mais un Coen Bros tout de même, donc pas désagréable.

mardi 9 décembre 2008

Hunger

Caméra d'or du dernier festival de Cannes, Hunger de Steve Mc Queen, aborde le sujet brûlant de la guerre civile en Irlande du Nord, mais à la différence du film de Ken Loach Le Vent Se Lève, du côté des combattants de l'IRA prisonniers, et de leur lutte pour une chose : le statut de prisonnier politique, que le gouvernement anglais, par la voix de Margaret Tatcher, leur refusait, les considérants de fait comme des criminels de droits commun. On suit donc leur lutte, tout d'abord par leur grève de l'hygiène et leur refus de porter l'uniforme de prisonnier, puis, la lutte s'intensifiant, on suit la grève de la faim du plus célèbre prisonnier politique Bobby Sands.

C'est un peu cliché de parler de Hunger comme un "film choc", mais c'est pourtant la réalité. La mise en scène est très réaliste et nous plonge tellement dans l'insalubrité de la prison qu'on a parfois l'impression d'en sentir les odeurs. On filme souvent au plus près des personnages, et évidemment vu le sujet, il est inutile de préciser que Hunger est un film dur, très dur ... Ceux que les scènes de torture du film de Ken Loach ont choqué peuvent d'ores et déjà passer leur chemin. En même temps, sans aucun souffle épique, le film nous fait prendre conscience de la détermination de quelques homme qui ont été près a payer de leur vie, dans d'atroces souffrances, le combat pour défendre quelques droits humains basiques. Pour une première réalisation, Steve Mc Queen fait déjà preuve d'une belle maturité, et sa façon par exemple, de nous introduire peu a peu dans la prison, via un surveillant de prison, puis via un prisonnier "lambda" pour arriver peu à peu à Bobby Sands, est remarquable.

Le film est quasi-religieux par moments, évidemment. On remarquera par exemple une très longue scène (plan séquence de 22 minutes), sorte de confession, où Bobby Sands expose sa motivation et ses convictions à un prêtre, et également la longue agonie consécutive à la grève de la faim, très violente, où les blessures de Bobby Sands font écho aux stigmates du Christ.

Hunger est un film violent, sur un sujet pas facile, à l'opposé du divertissement, sa violence en fera un film que peu pourront sans doute supporter, mais c'est néanmoins un très bon film.

lundi 8 décembre 2008

Two Lovers

A la fin de l'année dernière, We Own The Night de James Gray avait bousculé mon "Top de fin d'année" pour se glisser dans les premières places. Il risque fort d'en être de même avec ce Two Lovers, second film en un an pour le même James Gray. On retrouve avec plaisir Joaquin Phoenix (a priori pour son dernier rôle au cinéma, d'après ses dires, en espérant qu'il reviendra sur sa décision), mais dans un rôle complètement différent du patron de boite de nuit de We Own The Night. Ici il incarne un homme de trente cinq ans, suicidaire et torturé, vivant encore dans le cocon familial et torturé entre deux femmes, une brune choisie par ses parents et issue de son milieu (la communauté juive New-Yorkaise d'origine russe), et sa voisine de palier, plus épicée mais aussi plus instable.

Tout dans la mise en scène de ce film touche au sublime. James Gray est décidément aussi doué pour mettre en scène un mélo (pourtant sur une trame assez "basique") qu'un film policier. Le film est constamment à fleur de peau, transmet l'émotion sans tomber dans la sensiblerie. Le film est référencé (Hitchcock, notamment), mais là encore on ne tombe pas dans l'hommage basique. Les acteurs suivent, bien évidemment, la performance de Joaquin Phoenix est saisissante, et même une actrice comme Gwyneth Paltrow, qui est parfois un peu fadasse, trouve ici un rôle qui la met parfaitement en valeur. A n'en pas douter si James Gray continue à filmer des chefs d'oeuvres à ce rythme , il risque de laisser une vraie trace dans l'histoire du cinéma. C'est assez inexplicable qu'un film comme Two Lovers soit reparti de Cannes sans une récompense, il est vrai cela dit qu'il ne comporte pas de message politique ou social, c'est juste un vrai grand film de cinéma.

Allez, une fois n'est pas coutume je suis en phase avec Télérama, donc un petit lien vers la chronique

lundi 3 novembre 2008

Hellboy - The Golden Army

Ce n'est pas un secret, je suis un gros fan des comics de Mike Mignola et de tout ce qui touche au démon rouge Hellboy. J'avais vraiment apprécié le premier film réalisé par Guillermo Del Toro, qui rendait bien hommage au personnage, et conservait intact l'esprit du comics.

Je suis plus réservé sur le second film. Celui-ci possède d'indéniables qualités, notamment au niveau de la mise en scène ou des décors, on sent que Guillermo del Toro s'est fait plaisir avec un bestiaire complexe, bizarroïde et surtout très beau. On est ici dans la droite lignée de son précédent film, Le Labyrinthe de Pan, et certaines scènes, comme la scène d'ouverture toute en marionnette, le combat contre l'esprit sylvestre ou la scène au marché troll par exemple, sont très réussies visuellement. De même, la mise en scène est au top, nous réservant des scènes d'action animées et musclées mais pas stéréotypées, un peu dans le genre de ce que Del Toro avait réussi à faire avec brio sur Blade II. On retrouve également tous les personnages du BPRD, que l'épisode I avait mis en place tranquillement, et on a vraiment cette fois ci l'impression d'être au sein d'une équipe. L'humour, point fort de la série, est également très présent, avec quelques punchlines excellentes du démon rouge (malheureusement j'ai uniquement vu le film en français, je suppose qu'elles font encore plus mouche en V.O.)

Malgré cela, je serais plus réservé sur le scénario. L'histoire est sympathique, mais sans plus, et cette simplicité gâche un peu le plaisir du film. Et puis les "méchants" de ce second épisode sont bien moins charismatiques que ne pouvaient l'être Kroenen ou Raspoutine dans le premier, qui exerçaient sur le spectateur une véritable fascination. J'ai personnellement eu un peu de mal à apprécier le personnage du Prince Nuada, un peu fade, même si l'idée du "lien" avec sa soeur jumelle est assez bonne.

Au final, je ne me suis pas ennuyé devant ce second épisode, notamment car c'est un ravissement visuel, mais je mettrais tout de même un bémol sur le scénario un peu léger ce qui fait que je l'apprécierai sans doute moins, à long terme que le premier épisode. Néanmoins les fans de la série et de Guillermo del Toro devraient y trouver leur compte.

Take care,

lundi 27 octobre 2008

Mesrine : L'Instinct de Mort

Jacques Mesrine reste, et restera sans doute assez longtemps, le hors la loi le plus célèbre en France. Plus de 30 ans après sa mort, l'ex-ennemi public N°1 fascine encore et il était inéluctable que le cinéma s'empare de ce mythe. C'est donc Jean-François Richet qui s'est chargé de la réalisation et Vincent Cassel qui a été choisi pour incarner à l'écran le célèbre gangster.

Cette première partie, L'Instinct de Mort, narre la naissance du gangster Mesrine, jusqu'à ses années d'exil canadien. On voit donc peu à peu l'homme basculer dans la violence, le meurtre et le vol, bien que quelques tentatives de rentrer dans le rang apparaissent de temps à autre, le film rend bien compte de cette fascination de Mesrine pour les faits pour lesquels il est devenu célèbre.

Le casting du film est au top, et Vincent Cassel tient sans doute là une de ses meilleurs rôles, l'acteur français donne vie à un Mesrine très crédible, tant dans son côté salaud que dans son côté humain. On assiste vraiment à un "Cassel-Show" pendant deux heures. Il est accompagné de seconds rôles très bons eux aussi : Cécile de France, Gérard Depardieu...

La mise en scène privilégie le côté "divertissement". On sent que le réalisateur a pour modèles les grands films de gangsters américains, et souhaite tourner son Scarface à la française. Alors parfois, on aurait souhaité un peu plus de crédibilité, comme dans la scène d'attaque de la prison, mais force est de constater que ce parti pris donne une redoutable efficacité au film, qui est rythmé et énergique. On notera également une utilisation "De Palmesque" du split-screen, souvent à bon escient, et encore une fois au service de l'efficacité. Le parti pris "politique" du film est aussi assez vite dévoilé, Richet reprenant par exemple via sa mise en scène le combat de Mesrine contre les quartiers de haute sécurité. Globalement, ce premier épisode donne une image bien positive du gangster, bien aidé en cela par le charisme de Vincent Cassel, on attend de voir si la suite permettra de nuancer le personnage, car Mesrine n'est pas Tony Montana ou un autre héros de fiction. On notera également une bande son de qualité, composée par Marco Beltrami.

Bref, ce premier volet du dyptique est assez prometteur, et nous laisse bien en haleine pour voir la suite, où j'espère voir à titre personnel le personnage un peu déboulonné de son piédestal. Le parti pris "action" décevra peut être ceux qui souhaitaient plus de réalisme, mais force est de constater qu'il donne au film un coté très vivant.

mardi 21 octobre 2008

Coluche : l'histoire d'un mec

Coluche, l'histoire d'un mec, d'Antoine de Caunes raconte une année de la vie du "comique préféré des français", justement l'année 1980-81 où celui-ci a décidé de se présenter, pour rire, aux élections présidentielles, peu après remportées par François Mitterrand.

On suit donc le comique, interprété fort bien par François-Xavier Demaison, dans ce qui devait être au départ une vaste blague, soutenue par les publications satiriques (Hara-Kiri), et qui prend peu à peu de l'ampleur car la candidature de Coluche canalise bien vite la voix des déçus de la politique et de toutes les minorités, qui n'avaient pas (et pour certaines n'ont toujours pas plus de vingt-cinq ans après) voie au chapitre en France. On suit également l'homme Coluche, et le film s'attarde aussi sur les défauts du personnage (infidélité, drogue, caractère colérique, tendance à la mégalomanie), ce qui ne fait que contribuer à le rendre plus humain. La prise d'ampleur du phénomène de sa candidature inquiète le monde politique, qui fait tout en sous-main pour la saborder, et monte à la tête de l'homme, qui se retrouve totalement dépassé, et qui ne peut rien faire d'autre que jeter l'éponge, finalement, suscitant déception parmi ses soutiens. Le film arrive à très bien rendre compte de cette impuissance du personnage face à un monde qu'il ne peut finalement pas changer. La frustration engendrée par cette aventure avortée et perdue d'avance servira de fondation à la création des restos du coeur quelques années plus tard.

Au niveau de la réalisation, Antoine de Caunes s'en sort très bien, même si évidemment on n'a pas une mise en scène digne d'un maître du 7ème art, elle est tout à fait correcte pour exposer le propos du film. Le ton est juste, et ne tombe pas dans le pathos inutilement. Mention spéciale à la musique, avec une sélection de titres, rock notamment, qui nous replongent dans les années 80. Les acteurs sont bons pour la plupart, François-Xavier Demaison arrive vraiment à évoquer Coluche avec talent, et j'ai pour ma part eu beaucoup de plaisir à retrouver Olivier Gourmet, acteur que j'adore, dans le rôle de l'impresario de Coluche. A noter également la bonne interprétation de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, par Denis Podalydès.

Bref, un film ancré dans une époque, mais encore bien d'actualité. Quel comique d'aujourd'hui pourrait enclencher un mouvement populaire comme celui de la candidature de Coluche ?

vendredi 17 octobre 2008

Tokyo !

Une compilation de trois moyens métrages de trois réalisateurs autour de la ville de Tokyo et tournés au sein de la capitale japonaise.

Interior Design de Michel Gondry
Sans doute celui que j'ai préféré des trois. On retrouve l'univers poétique de Gondry, sans doute un peu plus "sage" que lors de ses longs métrages. Quoi qu'il en soit, cette partie est très bien réalisée, très "japonaise" est fort agréable à suivre. On tourne autour d'un couple dont le mari est un réalisateur bricoleur - tiens tiens, comme les vidéastes de Be Kind, Rewind, ou le Stéphane de La science des rêves - et dont la femme a du mal à s'adapter à Tokyo. Le final (que je ne révèlerai pas) est assez bien trouvé, et très poétique.

Merde de Leos Carax
Je connais assez peu ce réalisateur français. Il nous propose ici l'histoire assez barrée, d'un homme-monstre sorti des égouts qui sème la panique dans Tokyo. C'est bizarre, violent, très bien filmé (remarquable plan séquence d'ouverture), et fort bien interprété par Jean Francois Balmer et Denis Lavant. Cependant, malgré la bonne idée de départ, et le côté provocateur indéniable de cette partie, on finit par s'ennuyer un peu, même au bout de trente minutes, ce qui est un peu dommage.

Shaking Tokyo de Bong Joon-ho
Ce dernier segment, que j'attendais avec impatience également, m'a à vrai dire un peu décu. On retrouve effectivement la qualité de la réalisation du Coréen Bong Jooh-Ho, mais à vrai dire, j'ai trouvé que l'idée de départ : un hikikomori - personne ayant fait le choix de rester cloître chez elle - tombe amoureux d'une autre hikikomori , était très bonne, et aurait sans doute mérité d'être un peu plus développée sur la longueur. Ici on reste un peu sur sa faim, dommage.

Au final, c'est un peu la déception qui prédomine, comme souvent avec ce genre de films, on a quelques bonnes choses, mais on sent aussi les réalisateurs enfermés dans un carcan. Pas forcément une franche réussite, mais une curiosité pour les amateurs des trois réalisateurs.

mercredi 15 octobre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Woody Allen fait à coup sûr partie de mes réalisateurs préférés. J'ai rarement été déçu par un de ses films, et j'ai grand plaisir tous les ans, à m'offrir mon petit Woody Annuel. Vicky Cristina Barcelona clôt la trilogie "européenne" commencé avec Match Point et poursuivie avec Scoop. On a beaucoup parlé du film avant sa sortie, notamment à cause de la fameuse scène de baiser entre Penelope Cruz et Scarlett Johansson (les mateurs seront déçus). Vicky Cristina Barcelona, explore, dans un cadre espagnol (et un Barcelone de carte postale), un sujet maintes fois traité par le maître New Yorkais : l'amour et les relations -parfois compliquées - entre les hommes et les femmes.
En effet, il se dégage du film une vraie sensualité, due tant à ses actrices principales qu'à Javier Bardem, sorte d'idéal hispanique en puissance, qui prouve ici son côté protéiforme (la dernière fois qu'on l'avait vu, c'était en psychopathe dans No Country For Old Men)
Allen filme simple mais juste. La photo est jolie sans en faire des tonnes, la mise en scène rythmée (on va droit à l'essentiel, en se permettant quelques ellipses), la musique agréable, et au final on se divertit de ce badinage pendant une heure et demie. On notera la prestation déjantée et habitée de Penelope Cruz, que j'avais rarement vue si bonne (actrice). Et puis Chris Messina est superbe dans un second rôle d'Américain inintéressant et fadasse.
Un Allen de plus, en tant que fan, je l'ai bien apprécié, même si je doute que le temps en fasse un film majeur dans l'oeuvre de Woody. Ceci dit, maintenir un tel niveau de qualité à 72 ans et après plus de 40 films, voilà un bel exploit !

lundi 6 octobre 2008

Entre Les Murs

Tradition oblige, il faut aller voir la Palme d'Or de Cannes. Encore plus cette année car elle est française, ce qui n'était pas arrivé depuis Maurice Pialat en 1987. Et même si le peu que j'avais pu voir d'Entre les murs ne m'avais pas donné très envie. A la sortie, bilan positif, même si je ne suis resté pantois non plus. Tout d'abord, malgré la durée relativement longue (2h08) et le peu de variété des scènes, le film passe très vite. Ensuite, évidemment les acteurs... Enfin si on peut appeler "acteur" le fait de jouer, fort bien certes, mais son propre personnage. Difficile donc de juger de la "performance d'acteur", mais il est vrai que certains des jeunes sont très convaincants, comme Esmeralda, par exemple. Là où on est plus impressionné c'est par la prestation de Francois Bégaudeau, auteur du livre original, et qui est vraiment très bon dans son rôle de prof idéal, passionné et motivé.

Le principal reproche que je pourrai faire au film, c'est qu'on en ressort avec l'impression que tout ça est un peu trop idéal : les répliques font toujours mouche, tant du côté professeur que du côté élève, certains personnages sont un peu des clichés (l'Africain, le Marocain, l'Antillais, le gothique), on sent bien que certaines anecdotes ont été réécrites, et tout cela sonne au final un peu trop scénarisé.
Tout ceci rend le film évidemment très agréable à suivre, mais qu'on a l'impression que cette classe, ce prof, n'existent sans doute pas dans la réalité. On se retrouve donc avec un film assez éloigné du documentaire (ce qu'il n'a pas vocation d'être, mais dont il s'inspire, formellement notamment) et dont le style n'est pas assez personnel pour une fiction (la mise en scène n'a rien de folichon, la musique est quasi-inexistante). C'est très agréable à regarder dans l'instant, on passe un bon moment, mais on se demande si le film aura la même porté dans le temps que certaines des Palmes d'or précédentes.
C'est un peu dommage de voir que depuis quelques années , comme le précise Sébastien sur son blog, Cannes consacre souvent plus un message que le cinéma lui même. A mon avis, depuis Elephant en 2003, Cannes n'a jamais consacré de sa récompense suprême un réalisateur ayant un vrai "style" cinématographique. Je trouve ça un peu dommage. A titre personnel, si j'avais du voter pour un film français dans la sélection cannoise 2008, ma voix aurait été plus encline à se porter sur Un Conte de Noël que sur Entre Les Murs

Take Care,

vendredi 3 octobre 2008

De quoi je ne pourrai pas me passer ?

Je viens de me faire tagguer par Airway qui me met au défi de prouver que ce blog n'est pas mort. Effectivement c'est un peu calme en ce moment, donc je profite de l'occasion pour faire une petite note un peu différente de d'habitude. Alors donc, de quoi ne pourrais-je pas me passer ?
  • De musique, bien sûr. Essentiel. Réécouter des vieux classiques, faire de nouvelles découvertes. Un jour où l'on écoute pas de musique est une journée perdue, ou presque... Je serais bien prêt à sacrifier une partie de mon salaire pour changer pour un boulot où je peux écouter de la musique.
  • De lecture. même si je ne suis pas un lecteur boulimique, il est quasi - essentiel pour moi d'ouvrir un livre avant de m'endormir...
  • De regarder des films (Ciné, DVD), même si l'actualité actuelle de ce blog tend à prouver que je dois pouvoir, effectivement, me passer de cinéma :(
  • De plus en plus : de faire du sport, même si ça doit faire sourire ceux qui ont connu le lycéen antisportif que j'étais.
  • De jouer à Hattrick, jeu en ligne addictif qui m'a pris il y a deux ans, et depuis je n'ai jamais décroché.
  • De soutenir le F.C. Nantes, contre vents et marrées et malgré les résultats catastrophiques et la politique n'importe-quoiesque du club et de son président en ce moment.
Voilà, je crois que j'ai fait plus ou moins le tour, c'est assez amusant à faire comme exercice. Je passe le relais à Jérome, Sébastien , et Raph.

Take care,

Update du 6/10 : Ah, si un dernier truc dont je ne pourrai pas me passer, c'est de faire des listes Excel de tous ce que je fais ou presque : livres lus, films et DVD vus, concerts, bouteilles dégustées ... Vous avez dit maniaque ?

mercredi 3 septembre 2008

The Dark Knight

Pas grand chose à ajouter à la tonne d'éloges qui ont été faites sur ce Dark Knight, deuxième de la série depuis que Christopher Nolan a repris en main la franchise de Batman. Nolan pousse encore plus loin le mythe du chevalier noir, et fait enfin intervenir le personnage du Joker, esquissé à la fin de Batman Begins. Plus que Batman lui même (même si Christian Bale est encore une fois impeccable), c'est bel et bien le Joker qui se taille la part du lion dans ce film, la performance d'Heath Ledger, louée de partout, étant exceptionnelle. A l'image de ce qu'on peut voir dans la première scène, le Joker est un vrai méchant, qui glace le sang, et ne fait pas dans la dentelle, et la performance de Nicholson dans le Batman de Burton prend tout d'un coup un coup de vieux.

A noter également une très belle performance d'Aaron Eckhart, dans le rôle d'Harvey Dent / Double Face, et une flopée de seconds rôles top (Michael Caine, Gary Oldman, Maggie Gyllenhaal, Morgan Freeman). Mais ce qui frappe surtout c'est la qualité de la mise en scène qui ne laisse pas le spectateur souffler pendant 2h30 , durée inhabituelle pour un blockbuster. On sent l'influence de la noirceur du comics relancé par Miller dans les années 80 (Batman DK, mais surtout Batman Year One)

Bref, rien à ajouter, c'est clairement du divertissement de grande qualité, ce qui se fait de plus en plus rare de nos jours. Allez donc le voir tant qu'il est à l'affiche !

lundi 1 septembre 2008

FCN - MUC 72 (1-4) le 30/08/08

On ne m'y reprendra pas de sitôt ! 18 euros pour ça !
Il fallait être bien naïf pour penser que l'éviction de Michel Der Zakarian de l'équipe première du FCN allait changer quelque chose au début de saison poussif des canaris. Intronisé entraîneur, Christian Larièpe n'a pas eu l'effet choc escompté et l'équipe a sombré face au Mans. Reconnaissons tout de même une belle entame de partie ponctuée par un but de Guirane N'Daw sur corner, pour une joie de courte durée car l'équipe du Mans n'a eu besoin que de la fin de la première mi-temps pour reprendre l'avantage.

La seconde mi-temps a sans doute été ce qu'il nous a été donné à voir de plus médiocre à la Beaujoire depuis le 5-2 encaissé face à Valenciennes en 2007. Une défense à la rue, un milieu de terrain "à trous" (j'ose mettre ça un peu sur le compte de l'absence de Faty) et un attaque anémique, le tableau était complet.
Alors on peut juste apprécier les quatre buts manceaux, tous très beaux. Cette équipe du Mans joue collectif, fait confiance a ses jeunes et recrutes intelligemment à l'image de ses deux norvégiens arrivés à l'intersaison. Tout ce que Nantes ne fait pas, en somme ... :-(

lundi 25 août 2008

Gomorra

Dès l'annonce de la présence de Gomorra au Palmarès du dernier festival de Cannes, je me suis rué sur le livre de Roberto Saviano afin de pouvoir le lire avant la sortie du film, prévue pour le mois d'août. J'ai adoré ce livre, qu'on a fort justement comparé à De Sang Froid de Capote, qui nous fait plonger au coeur des méthodes de la Camorra napolitaine, comme si on y était, le danger, pour le lecteur, en moins. Et forcément, j'attendais avec impatience la sortie du film...

Et on se retrouve avec l'éternel dilemme : faut il voir le film avant ou après avoir lu le livre ? Gomorra, le livre, est si détaillé que le film va forcément moins dans les détails, ce qui fait qu'on en ressort avec une petite pointe de déception. Je nuance un peu cet avis, car l'adaptation d'un livre aussi complexe passait forcément par quelques compromis. On ne peut pas reprocher à Matteo Garrone de ne pas avoir choisi un parti pris artistique intéressant, en se focalisant sur quelques épisodes marquants de l'univers dépeint par Roberto Saviano. Il n'y a pas vraiment de héros dans Gomorra, on suit le parcours de plusieurs personnages en lien de près ou de loin avec la Camorra. On est souvent caméra à l'épaule, ce qui renforce l'impression d'immersion au sein de la pègre. Un des défauts du film est sans doute la manque charisme de ses "héros" et même si c'est voulu, car le film n'idéalise pas la Camorra comme Le Parrain peut donner une image positive de la mafia, par exemple. On a par conséquent un peu de mal à s'identifier aux personnages. Il n'empêche que, même moins détaillé que le livre, le film dénonce les méthodes de la Camorra pour s'enrichir illégalement : argent sale, drogue, trafic de déchets, haute-couture et contrefaçon et bien sûr : crime. Les âmes sensibles apprécieront que certains des assasinats ou des vengeances décrites dans le livre n'aient pas été tournées dans le film, ça aurait donné des scènes à la limite du supportable !
Enfin, Gomorra n'a, à mon avis, pas volé son Grand Prix au festival de Cannes et est un film de très bonne qualité. Ceux qui auront accroché au film pourront se plonger dans le livre, qui contient encore plus de détails et est une vraie enquête de fond sur la criminalité napolitaine.