Je suis depuis que je l'ai découvert il a une quinzaine d'années maintenant, un gros fan d'Almodovar, allant même jusqu'à défendre ses films un peu en deçà de son niveau de qualité habituel. Alors évidemment mon avis ne peut être que positif sur son petit dernier, Etreintes Brisées, reparti bredouille de Cannes (en même temps toute autre chose que la palme d'or serait une insulte maintenant, et puis je ne sens pas trop Huppert fan du ciné de Pedro Almodovar, allez savoir pourquoi ^^). Bref, je ressors de la séance avec l'impression d'avoir assisté à une masterclass de mise en scène. Almodovar fait dans ce film (pas forcément parfait par ailleurs, notamment au niveau scénario) une démonstration de ses talents de réalisateur et de sa direction d'acteurs, via quelques scènes vraiment bluffantes de qualité (la rupture, notamment), porte son art à un niveau rarement atteint, se permet de rendre hommage aux maîtres classiques (Hitchcock), et d'intégrer, avec talent, des bouts d'auto-remake qui satisfont les fans de la première heure (ah, ce gaspacho !).
Assurément le film le mieux mis en scène qu'il m'ait été donné de voir cette année, et dans le peloton de tête des meilleurs films de l'année pour l'instant.






Clint Eastwood est un des réalisateurs dont le cinéma m'émeut le plus. Et Gran Torino n'échappe pas à la règle, et est clairement le premier chef d'oeuvre que j'ai pu voir en cette année 2009. Pour, sans doute, son dernier film en tant qu'acteur, Clint Eastwood se met en scène dans un personnage ambigu, à l'image de sa carrière, moitié vétéran ronchon et raciste, moitié grand coeur (de toute façon un homme qui a un labrador ne peut pas être totalement mauvais). Le film joue vraiment sur cette dualité du personnage, à la fois très sûr de lui, et dans le même temps rongé par ses vieux démons. On a aussi le droit, encore une fois, à une belle parabole sur la rédemption, et le dénouement du film tourne dans les têtes plusieurs jours durant.





